La société

 

Tout ce que vous désirez savoir sur la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch, se trouve dans les pages suivantes :

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Statuts

Règlement intérieur

In memoriam

 

La première Société historique et archéologique d’Arcachon et du pays de Buch est née en 1927 de la volonté du journaliste parisien Albert de Ricaudy, installé à Arcachon vraisemblablement pour des raisons de santé. Il est significatif qu’elle portait exactement la même dénomination que la société actuelle, du moins jusqu’en 1936. Son bulletin s’appelait pompeusement Revue historique du Pays de Buch, on peut le consulter dans notre bibliothèque. La Société d’aujourd’hui, recréée en 1972 par Henri Marchou après un sommeil d’une trentaine d’années, se situe-t-elle dans le droit fil de la première ?

Aujourd’hui, l’Histoire est considérée comme une science, avec une méthode axée sur la confrontation des sources, l’établissement de faits indubitables et la recherche de causalités. C’est le cadre dans lequel se place la Société actuelle. Au premier abord, on a l’impression qu’Albert de Ricaudy lui aussi se situait dans une telle démarche. Il écrit dans le numéro 4 d’avril 1929 que la « Revue historique du pays de Buch [est] un organe de libre discussion dont le but est la recherche de la vérité ». Il n’en est pas moins vrai que pour lui l’Histoire était plus une discipline littéraire que scientifique, exception faite de l’archéologie qu’il classait dans les sciences, tout en la limitant au domaine préhistorique. Ce qu’il aimait dans l’Histoire, c’est le côté pittoresque. Il est vrai qu’il exerçait le métier de journaliste et non d’historien, et, pour lui, raconter de belles histoires faisait partie de l’Histoire. Il reflétait bien la discipline de son époque, essentiellement politique, militaire ou religieuse, l’histoire des « grands hommes » et des célébrités. C’est une Histoire qui tend à la chronique, fondée sur le récit. Aujourd’hui, notre bulletin ainsi que toutes nos publications s’efforcent de conserver ces qualités littéraires tout en pratiquant la rigueur scientifique.

On peut être reconnaissant à Albert de Ricaudy d’avoir été un des premiers à valoriser le Pays de Buch, en une Histoire « décentralisée », c’est-à-dire non nationale, et de lui avoir donné ses lettres de noblesse. Pour Albert de Ricaudy, il était clair qu’il fallait, dans les objectifs de la société, réaliser à terme des monographies sur chacune des communes du Pays de Buch. Il n’a pas pu mener à bien cette ambition, qui demeure encore aujourd’hui un but à atteindre, tant il est difficile de réunir chercheurs et auteurs sur la totalité du territoire. Ce site internet s’efforce justement d’en couvrir la plus grande partie autant que faire se peut.  

Si on examine l’ensemble des buts recherchés par les deux sociétés historiques, on constate bien des similitudes. « Récolter » « tout ce qui intéresse l’histoire de la région » est  toujours affiché comme une des actions de la Société. Elle ne s’érige plus en conservatrice de sources primaires, mais son rôle est d’en signaler l’existence quand elles sont portées à sa connaissance, et éventuellement de veiller à leur conservation par d’autres organismes. Plus intéressant encore est l’usage que les deux sociétés disent faire de ces sources : Henri Marchou, dans son rapport moral de décembre 1972, voulait susciter et aider la recherche, y former les personnes, faire connaître le résultat de tous les travaux. Il avait l’idée de faire partager le plus possible la méthode de l’historien. Albert de Ricaudy parlait de « fixer les résultats acquis », après comparaison des différentes thèses « sur les matières sujettes à controverses » (Avenir d’Arcachon, 9 octobre 1927).

 

A propos du public, la première société avait aussi des idées très novatrices. Albert de Ricaudy précise qu’il s’adresse au plus large public possible sans exception : « nous sommes une Société populaire ». Dans le numéro 2 de la Revue on peut lire : « nous ne sommes pas plus une Société à thèses qu’une Société à catégories », cette dernière peut concerner tout le monde « tous sans exception, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, depuis le moins lettré jusqu’au plus savant ». Albert de Ricaudy voulait mettre l’Histoire à la portée du plus grand nombre. Il proclamait dans le numéro 14 en octobre 1931 : « nous sommes des vulgarisateurs et des généralisateurs ». Le terme « vulgarisation » a parfois aujourd’hui une connotation négative. Pourtant, c’est dans un sens noble de mise à disposition du savoir qu’il faut entendre ici cette volonté, volonté de pédagogie de l’Histoire, largement reprise ensuite par la Société recréée par Henri Marchou.

Albert de Ricaudy avait compris qu’il ne suffisait pas de répondre à une demande hypothétique d’Histoire, mais qu’il était bon de « développer le goût de l’Histoire » (numéro 2 de la Revue).Il avait surtout compris le rapport étroit entre tourisme et histoire, le fait que la curiosité du touriste pouvait être aiguillonnée par des visites sur le terrain. Pour développer la région, il lui semblait qu’on pouvait « renforcer la propagande touristique par la propagande historique». Pour ce faire, il avait même inventé un néologisme, « l’historisme », qui occupa la une de l’Avenir d’Arcachon le 30 octobre 1932. Il définit l’historisme comme une « fraction d’histoire … qui s’extériorise et se promène ». En 1936, il change même le nom de la Société historique en « Société historique et touristique d’Arcachon et du pays de Buch ». Pour « jalonner », comme il dit, le parcours du touriste, Albert de Ricaudy crée en quelque sorte la notion de parcours historique et culturel avant la lettre. Il décide de placer ce qu’il appelle des écriteaux commémoratifs sur des lieux emblématiques de l’histoire locale. Certains sont encore présents aujourd’hui, comme celui apposé sur le mur de Notre-Dame d’Arcachon, rappelant l’emplacement de l’ermitage de Thomas Illyricus.

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