La concession des landes communales de Gujan (1793-1823)

La concession des landes communales de Gujan (1793-1823)

 

Les différentes phases de cette affaire qui passionna la population de Gujan pendant plus de trente ans s’échelonnent comme suit :

1793 : des particuliers se taillent d’une façon anarchique des propriétés dans les landes que les lois révolutionnaires viennent de faire communales.

1806 : un décret de Napoléon 1er transforme en concessions les usurpations de 1793.

1823 : à la demande de la municipalité, le roi Louis XVIII autorise celle-ci à faire de nouvelles concessions de landes communales.

Mais avant de commencer l’étude de la première phase il est nécessaire de rappeler la concession des vacants faite, en 1550, par le captal et la vente de ces mêmes vacants en 1766, au sieur Nézer.

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La paroisse de Gujan avant la Révolution (1)

La paroisse de Gujan avant la Révolution

 

Avant propos

En mai 1972, M. Bézian, maire de Gujan-Mestras, reçut la lettre suivante :

« Permettez, Monsieur le maire, que je me présente. Je m’appelle Gujan. Je suis pasteur dans un village dans les mon­tagnes des Grisons, près de Davos. Par hasard, j’ai trouvé le nom de votre ville, qui est aussi mon nom, en étudiant un peu de géographie de la France… Dans notre vallée qui s’appelle « Le Prattigau », il y a beaucoup de familles qui s’appellent Gujan et personne ne sait d’où ce nom parvient… d’où sont venus les gens qui portent ce nom ? Peut-être de votre région… ? »

Que M. le pasteur Conradin Gujan soit remercié d’avoir signalé son existence. Grâce à lui, nous allons pouvoir propo­ser une explication de ce nom de Gujan dont jusque à pré­sent, nul n’avait pu donner une étymologie acceptable.

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La paroisse de Gujan avant la Révolution (2)

La paroisse de Gujan avant la Révolution

 

Deuxième partie

La vie économique et sociale

 

LIMITES ET ASPECT GÉNÉRAL DE LÀ PAROISSE

La paroisse était limitée au nord par la petite mer de Buch, au sud par la Paroisse de Sanguinet en Born, à l’est par la Paroisse du Teich, dépendant jusqu’en 1735 du Seigneur de Certes, puis après cette date du captal de Buch, à l’ouest par les Paroisses de La Teste et de Cazaux.

Le rivage est à peine plus élevé que le niveau des hautes marées et remonte en pente très faible vers le sud. Les 3 et 4 mars 1783, « un grand reflux d’eau salée submergea tout le jardin de la cure, y compris le cuvier, avec toutes tes vignes et les maisons de Mestras les plus près du Bassin ».1 (E. Supp. 1458)

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La paroisse de Gujan avant la Révolution (3)

La paroisse de Gujan avant la Révolution

 

Troisième partie

Les dates marquantes de l’histoire de Gujan

 

D’ABORD, LES ANNÉES OBSCURES

Avant le XVe siècle, le nom de Gujan n’apparaît que rare­ment sur des actes. Il s’agit le plus souvent de reconnais­sances féodales qui n’apprennent rien sur la population .

Ainsi, en 1274, Arnaudin de Bares, chevalier, tuteur du jeune captal Pierre Amanieu de Bordeaux, encore mineur, reconnaît au nom de son pupille tenir en fief du roi d’Angle­terre, duc d’Aquitaine, tout ce qu’il possède en Pays de Buch. Il doit pour ce qu’il tient du roi-duc à Mestras, Mestrasson, Capsus, lieux de la paroisse de Gujan, un « demi soldat » et une lance d’exporle1.

Mais Pierre Amanieu ne possède pas la totalité des biens dans la paroisse, puisque le 22 mars 1274, Gaillard de Lamothe de Buch, damoiseau, reconnaît tenir du roi-duc les moulins qu’il possède dans la paroisse de Gujan2.

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La paroisse de Gujan après la Révolution (fin XVIIIe-milieu XIXe siècles)

La paroisse de Gujan de la fin du XVIIIe au milieu du XIXe siècles

 

LA PAROISSE DANS L’ESPACE

À peu de choses près, à part les voies de communication qui n’existaient pas dans l’état actuel, là géographie des lieux n’a pas beaucoup changé en cent quatre-vingts ans à Gujan.

Déjà en 1800, les divers ports de Gujan existaient en bordure du Bassin. Les Gujanais, il est vrai, ne partageaient pas l’inquiétude de leurs voisins Testerins : ceux-ci voyaient le sable gagner peu à peu du terrain à partir de l’Océan et menacer bientôt les abords immédiats de leur église et de leur bourg.

La Teste, située à une lieue de Gujan, était une commune fort étendue, un chef-lieu de canton. Ses habitants vivaient de la pêche ; son port se situait à l’Aiguillon. Arcachon n’était alors qu’un quartier désert de cette immense com­mune, célèbre à cause de sa Chapelle des Marins construite en bordure de la baie. Chaque année, pour la Fête de Notre-Dame au 25 mars, les pèlerins venus de Gujan et des paroisses avoisinantes s’y réunissaient en grand nombre.

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Lettre de Daniel Nézer (vers 1768)

Lettre de Daniel Nézer (vers 1768)

conservée aux Archives Municipales d’Arcachon (fonds Rebsomen)

Date illisible

Monsieur

J’ai reçu la lettre que vous m’avez écrite le premier de ce mois au sujet du changement qui a été fait pour le transport des fonds, paquets et lettres de Bordeaux à la Colonie, et de la Colonie à Bordeaux. Je croyois que ce transport ne vous tenoit pas beaucoup à cœur, puisque je vous ai entendu dire souvent qu’il vous occasionnoit surtout en été plus de dépenses que de profits. Lire la suite

Le captal de Buch réclame son dû – Acte de 1753

Le captal de Buch réclame son dû à Jean-Baptiste Peyjehan

Acte notarié du 23 juin 1753

Transcription

Scachent tous qu’aujourd’huy vingt trois juin mil sept cens cinquante trois,

Par devant le notaire royal en Guienne soussigné a été présent sieur Jean Baptiste Peyjehan Seigneur de la maison noble de Francon habitant de la paroisse de La Teste, lequel de son bon gré a reconnu et confessé tenir en fief perpétuel, ses prédécesseurs et auteurs avoir eu et tenu, et que ses hoirs et successeurs auront et tiendront aux droits et devoirs cy-après déclarés et spécifiés, de messire François Alain Amanieu de Ruat, chevalier,  seigneur captal de Buch, La Teste, Gujan, Cazaux, Le Teich, partie de Sanguinet, Ruat, Mixtes, Artiguemalle et autres lieux, conseiller au parlement de Bordeaux, y habitant rue St-Paul paroisse St-Christoly absent mais Me Pierre Dubosq, procureur fiscal,du captallat de Buch comme fondé de procuration dudit seigneur,  dattée du dix-sept août mil septcens quarante-six, retenues par Teyssac et son confrère, notaires à Bordeaux, icy présent stipullant et acceptant.

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1836 – “Le grand malheur”

1836 – “Le grand malheur”

Lettre de Jean Fleury, maire de La Teste, au préfet de la Gironde (1er avril 1836)

“C’est le coeur brisé de douleur et au milieu des cris déchirans qui retentissent aujourd’hui dans cette commune que je prends la plume pour vous annoncer le malheur dé­plorable qui cause cette désolation générale en plongeant dans le deuil et la détresse un nombre considérable de fa­milles. Le 23 du mois dernier, huit bateaux de pêche sorti­rent du Bassin d’Arcachon et mirent à la mer ; ils auraient dû rentrer le 24, avec leur pêche, mais deux seulement, avec de grands périls, furent assez heureux pour rentrer, ce que ne purent faire les autres, la mer étant trop rude lorsqu’ils voulurent donner dedans. Ils furent obligés de s’élever au large et, depuis lors, le temps et la mer ne leur permirent plus d’aborder l’entrée.

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